SI LA FRANCE AVAIT SON TREASURE ACT

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Imaginez… vous êtes en 2025. 

Après avoir été repoussé à de nombreuses reprises, le Treasure Act français, baptisé « DÉCOUVERTES ET PATRIMOINE », est enfin signé et entrera en vigueur en Juin pour la première fois sur le sol français. Appuyée par des députés de tous bords, cette loi calquée sur le modèle anglais va bousculer à jamais le destin de nombreux inventeurs et permettre à la détection de loisir d’être reconnue d’utilité publique. Voici ce qui va changer pour vous à partir de maintenant :

  • L’ÉTAT S’ORGANISE. Des cellules locales sous tutelle du Ministère de la Culture et de la DRAC sont mises en place dans chaque département. Leur objectif est d’enregistrer et faciliter la déclaration de trouvailles fortuites faites par les découvreurs, utilisateurs ou non de détecteurs de métaux.

  • L’UTILITÉ DE LA DÉTECTION RECONNUE OFFICIELLEMENT. Désormais, les associations de détection sont reconnues d’Utilité Publique. Par conséquent les prospecteurs ne sont plus considérés comme des pilleurs et votre action est enfin reconnue. Vous vous sentez légitimes et fiers de déclarer vos trouvailles. Mieux, vous n’avez plus peur de ce que vous pourriez trouver. Si vous avez la chance de trouver un trésor, vous êtes même considéré comme un héros, au secours de notre patrimoine.

  • UNE ENTENTE PROSPECTEURS-ARCHÉOLOGUES. Désormais archéologues et prospecteurs collaborent intelligemment. À chaque découverte majeure, un chantier de fouille est ouvert pour entreprendre des recherches scientifiques. Les prospecteurs sont autorisés à participer aux fouilles dont ils sont à l’origine et à suivre leur avancement. Certains prospecteurs intègrent même les équipes d’archéologues afin que leur savoir-faire profite aux recherches sur le terrain.

  • L’ARCHÉOLOGIE FAIT APPEL AUX PROSPECTEURS. Les liens entre l’Archéologie et le monde de la détection sont désormais bien établis. En tant que prospecteur chevronné, vous êtes ponctuellement sollicité par l’Archéologie Préventive pour participer à des “Journées Nationales de Prospection” sur la base du bénévolat. Ces opérations exceptionnelles visent à aider les archéologues à collecter des indices afin d’améliorer leurs connaissances sur l’occupation des territoires et à mieux comprendre l’évolution des sites, en s’appuyant sur la forte communauté de prospecteurs et leurs trouvailles.

  • LES RALLYES DÉTECTION ÉVOLUENT. Désormais, les rallyes sont l’occasion pour les archéologues d’enrichir les bases de données de trouvailles fortuites, d’enregistrer et d’inventorier les différentes trouvailles fortuites réalisées lors de la recherche de jetons cachés par les organisateurs.

  • UNE ACCUMULATION DE DONNÉES AU SERVICE DE LA SCIENCE. Déclarées, enregistrées, documentées, compilées et analysées, les trouvailles réalisées chaque jour permettent à “la science” de jouir d’un essor inédit. Des bases de données sont établies et enrichies chaque jour permettant entre autres à la numismatique et plus généralement à l’archéologie de se développer et de jouir d’une effervescence sans précédent. Conséquence, des pans entiers de notre histoire, qui étaient jusqu’ici peu ou mal connu des historiens et scientifiques sont désormais mieux appréhendés. Des cartes de répartition de trouvailles sont établis à travers la France offrant un regard nouveau sur une discipline à bout de souffle. Ce travail de déclaration, de recensement et d’enregistrement permet d’élucider certains mystères restés inexpliqués et soulève par la même occasion de nouvelles problématiques.

  • LES VITRINES DES MUSÉES S’ÉTOFFENT. Dorénavant, les musées enrichissent leurs collections avec de nouvelles pièces trouvées sur le sol Français. Les citoyens redécouvrent les musées d’Archéologie et d’Histoire. Ces derniers profitent pleinement de ce regain d’intérêt populaire et communiquent en grande pompe sur les nouvelles collections exposées depuis l’augmentation des déclarations de découvertes archéologiques. Ce qui a pour conséquence d’attirer plus de visiteurs, locaux et touristes dans les musées. Ce qui entraîne en retour une constante hausse des visites dans les galeries, musées et expositions et génère ainsi des retombées financières pour la Culture, qui profitent à tous.

  • DES BUDGETS PLUS IMPORTANTS POUR LA CULTURE. La médiatisation de certaines découvertes entraîne une meilleure considération de la part du monde politique sur la question archéologique. La Culture s’en trouve grandie et profite de budgets plus importants afin de continuer à préserver, conserver et mettre en valeur toute la richesse de notre patrimoine.

  • LE PHÉNOMÈNE DE FUITE DU PATRIMOINE EST ENDIGUÉ . Parallèlement, les déclarations possibles et facilitées par la loi « Découvertes et Patrimoine » permettent de préserver de façon efficace notre patrimoine. Fini l’exportation de collections complètes à destination de l’étranger !  Le marché noir, dont vous subissiez malgré vous les dommages collatéraux, est désormais en voie de disparition.

  • L’HAPPAH CHANGE DE MISSION. Le discours extrémiste diffusé par l’association HAPPAH (Halte Au Pillage du Patrimoine Archéologique et Historique) n’ayant plus aucune résonance, l’association connue pour stigmatiser la détection se reconvertit en police de l’archéologie. Son objectif principal est désormais de contrôler le bon déroulement des fouilles et lutter contre les mauvaises pratiques du métier : non établissement systématique des rapport de fouilles, non déclaration de trouvailles réalisées sur le chantier de fouilles, pertes ou disparitions subites de mobiliers issus de fouilles. Désormais, les aménageurs (entreprises du BTP et tout acteur dont l’activité détruit le sous-sol) sont surveillés d’encore plus près. Formés à reconnaître et déclarer tout vestige archéologique découvert lors d’un chantier, l’association milite pour endiguer la non déclaration ou destruction sauvage de sites ainsi que la corruption visant à fausser les diagnostics.

Finalement, le bon sens aura fini par l’emporter !

Depuis sa mise en vigueur, le “Treasure Act Français” n’a eu de cesse de faire progresser l’archéologie à travers toutes ses disciplines tout en bénéficiant à la culture et en protégeant les prospecteurs. Le nombre de déclaration à grimpé en flèche et la collaboration entre prospecteurs et archéologues a donné lieu à de nombreuses découvertes majeures. Enfin libérée, la culture se diffuse mieux et a même trouvé un nouveau public. Cette transversalité dans l’échange d’information a profité à tous les acteurs de la chaîne et le modèle français pourrait bien devenir un exemple à suivre pour d’autres pays Européens…

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