PORTABLE ANTIQUITIES SCHEME : LE BRAS ARMÉ DU TREASURE ACT

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Le Treasure Act jouit depuis des années d’une forte notoriété auprès des prospecteurs de tout horizon, mais peu connaissent véritablement l’écosystème qui permet à cette loi d’être aussi bien appliquée. Pourtant, le succès du Treasure Act est intimement lié à l’existence du Portable Antiquities Scheme et son réseau d’archéologues volontaires. Il convient alors de rendre au “PAS” ce qui lui appartient et d’en connaître les rouages, car là aussi, il s’agit bien d’un exemple à suivre pour la France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal… et bien d’autres pays !

Lorsque l’on parle du Treasure Act, il est assez rare de mentionner son “bras armé”, le Portable Antiquities Scheme (PAS). Plutôt méconnu du grand public, ce programme fut mis en place en 1997, soit 1 an seulement après l’application de la loi Treasure Act. Celui-ci repose avant tout sur la mise en place d’un réseau d’archéologues volontaires chargés de recenser et répertorier les trouvailles archéologiques réalisées en Angleterre et au Pays de Galles (contrairement au Treasure Act, le PAS ne concerne pas l’Irlande du Nord).

Si le Treasure Act ne s’intéresse qu’aux découvertes potentiellement identifiables comme “trésor”, le PAS enregistre, lui, une variété de déclarations beaucoup plus large, allant de la simple boucle de ceinturon médiéval au véritable trésor anglo-saxon. L’objectif de ce programme n’est donc pas simplement de recenser les trésors, mais aussi d’étudier, géolocaliser, photographier, enregistrer tout type de trouvailles pouvant faire avancer l’archéologie avec de nouvelles connaissances.

ANATOMIE DU PORTABLE ANTIQUITIES SCHEME

Orchestré par le prestigieux British Museum basé à Londres, le PAS dispose de nombreux outils :

  • Un réseau de 38 archéologues et experts volontaires répartis sur toute l’Angleterre et le Pays de Galles : grâce à l’implication d’archéologues passionnés, impliqués et un judicieux maillage du territoire, chaque objet ou monnaie découverte pouvant indiquer une trace de vie lointaine peut aisément être recensé par l’un des nombreux FLO (Finds Liaison Officers) mandatés à cet effet.

  • Une plateforme en ligne ouverte au public permettant à chacun d’enregistrer sa trouvaille dans une base de données archivant d’ores et déjà plus d’un million de trouvailles : le site www.finds.org.uk a déja permis de recueillir plus de 700 000 déclarations pour un total d’1,2 millions de trouvailles (objets et monnaies…). Cette plateforme est consultée par les archéologues, les chercheurs, les étudiants et les prospecteurs.

  • Un programme de sensibilisation à la découverte d’objets archéologiques : le PAS réalise régulièrement des opérations de sensibilisation de grande ampleurs, notamment auprès du jeune public. Des ateliers sont dispensés dans les écoles de près de 3 000 jeunes écoliers, permettant à ces derniers de manipuler de véritables découvertes archéologiques et en connaître l’usage et l’histoire. De même, les clubs de détection sont également visités par les FLOs, notamment durant les rallyes détection où ils enregistrent sur place, le jour même, les trouvailles réalisées par les prospecteurs.

UN SUCCÈS PLUS GRAND D’ANNÉE EN ANNÉE

La mécanique du PAS semble bien huilée puisque le nombre de déclaration enregistrée sur sa base de données augmente chaque année à une vitesse incroyable !

En 2013, 80 861 trouvailles ont été déclarées sur la plateforme Finds.org. 90% d’entre elles ont été réalisées par des prospecteurs. Parmi elles, 993 trésors ont été reconnus par le Treasure Act. 93 % de ces trésors furent découverts par des utilisateurs de détecteurs de métaux et les plus important d’entre eux ont été acquis par des musées (166 trésors sont concernés, d’autres ont été offerts et les autres ont été retournés aux inventeurs).

En 2014 cette fois, 113 794 trouvailles ont été déclarées sur la plateforme Finds.org. 96% d’entre elles ont été réalisées par des prospecteurs. Parmi elles, 1 008 trésors ont été reconnus par le Treasure Act. 96 % de ces trésors furent découverts par des utilisateurs de détecteurs de métaux !

LE P.A.S FRANÇAIS : L’ÉCHEC DE L’ARCHÉOLOGIE

Une plateforme semblable au « PAS » a bien vu le jour en France, mais son intérêt fut réduit à néant lorsque les grands dirigeants du monde archéologique sont intervenus. En effet, après avoir constaté que la base de données était principalement alimentée par des trouvailles réalisées au détecteur de métaux, l’initiateur du projet fut accusé de collaboration avec  les « pilleurs du patrimoine ». Ainsi, les trouvailles fortuites réalisées par les prospecteurs furent totalement ignorées. Des données à jamais perdues pour la Science, l’Archéologie et la sauvegarde de notre patrimoine … et cela dure malheureusement depuis prés de 40 ans !

Pourtant, il s’agit bien du métier des archéologues que de collecter des données, les compiler, les comparer pour les faire parler. Mais en reniant la contribution des prospecteurs, ils ont privé l’Archéologie de la plus grande source d’information imaginable, laissant place à l’écoeurement général des prospecteurs…. 

En attendant que le bon sens reprenne le dessus sur l’obscurantisme d’une poignée de dirigeants, documentons précisément nos trouvailles fortuites (lieu de la découverte, poids, dimensions et photo) afin de pouvoir, un jour, en faire profiter tout le monde le moment venu.

Lorsque l’on observe en profondeur les rouages du Treasure Act, on se rend bien compte à quel point l’écosystème que constitue le Portable Antiquities Scheme est important dans son application. On réalise aussi combien l’implication des archéologues et leur entente avec les prospecteurs est bénéfique pour la Science et la Culture. Avec autant de trésors qui entrent dans les musées et un si grand nombre de connaissances acquises, le PAS, véritable moteur du Treasure Act n’a pas fini de faire des jaloux, nous les premiers !

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