L’orpaillage est pratiqué en France depuis la nuit des temps. Nos nombreuses régions montagneuses abritent une quantité de métal précieux, qui se diffuse ensuite sur une large partie du territoire grâce aux différents cours d’eau. Pour vous aider à reconnaître les meilleurs lieux et vous lancer à la recherche de paillettes et pépites, voici quelques conseils et informations essentielles.

Du fin fond de nos sols aux lits de nos rivières, les paillettes d’or recherchées par les prospecteurs pratiquant l’orpaillage sont le fruit d’un long chemin et de nombreuses évolutions. Commençons tout d’abord par comprendre d’où nous vient ce métal précieux puis tentons de discerner les meilleurs endroits pour en trouver.

POURQUOI PEUT-ON TROUVER DE L’OR DANS NOS RIVIÈRES ?

Si vous vous demandez par quel phénomène on peut aujourd’hui trouver de l’or dans nos rivières, nous vous invitons à remonter plus de 4 milliards d’années en arrière.

Schéma représentatif de la formation d’or en Californie dans la Sierra Nevada

Lors de la formation de notre planète, l’or était emprisonné à plus de 30km sous la surface de la terre. Les plaques tectoniques entrées en collision ont donné naissance aux montagnes, créant par la même occasion d’immenses fissures dans la croute terrestre. Des fluides et des gaz se sont alors échappés par ces fissures, emmenant avec eux différents matériaux, comme l’or. En refroidissant, ces gaz se sont notamment transformés en quartz et ont figé l’or dans la roche. C’est la raison pour laquelle l’histoire de l’or est depuis la nuit des temps liée à celle du quartz.

Emprisonné dans la pierre et dans nos montagnes, une partie de l’or présent sur Terre se détache peu à peu de la roche sous le phénomène de l’érosion. Et c’est ainsi que de petites particules d’or issues de la roche se retrouvent quotidiennement dans certaines de nos rivières. C’est ce qu’on appelle des paillettes, voire des pépites d’or selon leurs tailles.

OÙ PRATIQUER L’ORPAILLAGE EN FRANCE ?

Même si la présence de l’or en France est plus faible que dans d’autres zones géographiques de la planète (Amérique dus sud, Afrique, Australie), on en trouve sous formes de paillettes et des pépites dans certaines de nos régions, le plus souvent montagneuses. Sans parler du ruée vers l’or, la France a connue une période ou l’extraction minière était intense. Les mines d’or sont principalement localisées dans le centre de la France… Elles représentent autant de gisement naturel, propice à la pratique de l’orpaillage !

Il existe donc des rivières aurifères dans les Pyrénées, dans les Alpes ainsi que le Massif Central, dans le Jura, mais également en Bretagne au milieu des plaines. Un terrain de prospection finalement assez vaste à l’échelle de la France (plus de 80% des rivières de France contiennent de l’or) ! Les chercheurs d’or trouvent même de l’or sous forme de paillettes sur certaines plages de notre territoire.

LES TROIS REGIONS LES PLUS AURIFERES DE FRANCE :

Le massif armoricain : Géologiquement riche en or

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il s’agit de la région la plus aurifère de France. Le massif Armoricain dispose d’un sous-sol très ancien ou l’on relève la présence de forte concentration de roche volcanique, de grès, de Quartz ou de Schistes qui sont autant de formations géologiques riches en particules d’or. Vous trouverez donc de l’or dans la plupart des rivières Armoricaine, asséchées ou encore active.

Toutes la Bretagne est concernée mais attention, l’or n’est pas spécialement présent sous une forme récoltable dans le sens ou la présence du métal précieux est majoritairement présent sous forme incluse. Cela ne veut pas dire que vous ne trouverez rien en orpaillant car plus le sous sol est riche en or plus il y a de chances de le retrouver dans les sédiments !

Les cévennes : Le top pour trouver de l’or

Les Cévennes font partie évidement des zones les plus riches en or, sous toute ces formes, de notre territoire, mais font surtout parties des zones les faciles pour la pratique de l’orpaillage. L’Ardèche, l’Hérault et le Gard sont des départements qui disposent de puissant cours d’eaux, qui descendent du fameux massif Cévenol, et qui sont tous riches en métal précieux en différentes proportion, sans exception !

L’explication de la présence d’or dans ces différents cours d’eaux vient du fait que ces rivières descendent d’un massif très ancien géologiquement parlant et qui dispose de nombreux gisements aurifères que l’on trouve dans les gisements de Quartz. L’érosion du substrat fini par libéré avec le temps le précieux métal sous différentes formes allant de la poussière d’or jusqu’à de véritables pépites d’or ! C’est donc régulièrement que l’on trouve du métal jaune sous forme de grain lorsque l’on se rapproche le plus possible des gisements primaires.

Les Pyrénées : Une valeur sûre de l’orpaillage en France

Les Pyrénées font parties des zones aurifères les plus riche de France. Quasiment tous les cours d’eaux y descendant permettent de trouver de l’or. Les meilleures sites d’orpaillage se situent plus au centre de la chaîne montagneuse où on y retrouve de l’or sous quasiment tout ces formes avec de jolis grain aux endroits les plus stratégiques.

TECHNIQUE D’ORPAILLAGE : TROUVER LA GOLDLINE

Un bon chercheur d’or est avant tout un bon stratège. Avant de trouver « un bon spot » et de tomber sur un filon, il lui faut comprendre le mouvement des fluides et le chemin qu’ont pu emprunter les particules d’or : il doit alors dessiner ce que l’on appelle la « Goldline ».

Cette ligne imaginaire représente le parcours emprunté par différents matériaux (l’or, mais aussi la magnétite et la ferrite pour ne citer que les principaux). Très souvent, cette ligne est le chemin le plus court entre un point A et un point B à travers la rivière.

La Goldine d’un même tronçon de rivière peut évoluer dans le temps selon le niveau de crue. Un débit important aura forcément un impact sur le courant et sur le chemin qu’emprunteront les particules lourdes. Une décrue aura quant a elle pour effet de piéger plus facilement ces particules d’or au sein des zones d’accalmies du courant, formant tantôt des murs et des creux. Elles se logeront alors dans des zones moins battues par le courant, formant peu à peu des dépôts. Ce sont ces obstacles naturels, que l’on appelle les « placers », qu’il convient de repérer pour avoir la chance de mettre à jour vos premières paillettes d’or.

TECHNIQUE D’ORPAILLAGE : COMMENT REPÉRER « LES PIÈGES À PAILLETTES »

À ce stade, il est important de comprendre que c’est l’effet du courant sur les obstacles à la surface et le relief du lit de la rivière (aussi appelé Bedrock dans le jargon de l’orpailleur) qui détermine où se situent potentiellement les dépôts de métaux lourds comme l’or. C’est notamment l’accélération ou un ralentissement de ce courant face aux obstacles naturels qui va former ces dépôts au fil du temps.

À vous de bien observer le courant sur la Goldline et repérer ces différents changements de rythme et de relief ! Voici quelques cas de figure que vous pourrez observer :

Chercher de l’or dans les méandres

Les différentes courbes que la rivière forme pour se frayer un chemin créent autant de ralentissements et d’obstacles pour l’évolution des particules d’or. Grâce à un phénomène de tourbillon, on peut s’attendre à trouver des dépôts de galets et d’or juste après un virage, sur la berge intérieure. C’est souvent en amont de ces dépôts que l’or stagne, le reste de cet amas étant essentiellement constitué de sable et gravier.

Le rocher au milieu de la rivière : Piège à or naturel

Le plus évident des obstacles est bien sûr le rocher au milieu de la rivière. Si une partie des particules de métaux lourds sera retenue en amont de la pierre, c’est aussi et surtout derrière elle que le dépôt le plus important sera constaté.

Si ce rocher est immergé au fond du cours d’eau, son impact sur le courant n’en est pas moindre : il aura alors un effet identique créant derrière lui un tourbillon et une baisse de pression, laissant chuter les matériaux les plus lourds. On parle ici de roche, mais un simple galet peut également retenir des paillettes d’or amenées par le courant. Par conséquent, c’est un cas de figure omniprésent.

Autre piège à or naturel : Le rocher ou l’arbre sur les berges

Du classique tronc d’arbre aux roches jonchant le bord de la rivière, différents obstacles créent des ralentissements dans le courant. Tout comme la roche perdue au milieu de la rivière, ce sont surtout derrières ces obstacles naturels que l’on observe des dépôts de sédiments et d’alluvions, suite à une baisse de pression.

Les variations de tailles de la rivière : Lieux de trouvailles d’or

Lorsque la rivière s’amincit face à vous, cela créé une accélération du courant aussitôt suivie par un soudain ralentissement après le passage le plus étroit. Il y a donc une baisse de pression conséquente durant laquelle l’or chute au fond du cours d’eau plus facilement.

Les confluents : des zones idéales pour trouver de l’or

Quand deux cours d’eau se rejoignent, il y en a généralement un qui prend le dessus et détermine la suite de la Goldline. On constate donc des dépôts alluvionnaires riche en métal précieux sur la berge opposée au cours d’eau le plus faible, puisque celui-ci est brutalement perturbé par le plus puissant. Un spot très intéressant !

« Le lit de la rivière est lui aussi une source importante de perturbations. Il ne présente pas d’obstacles en volume, mais plus souvent en creux. »

Les phénomènes les plus courants en matière d’irrégularités du lit de la rivière sont les suivants :

La Marmite : le piège idéal pour chercher de l’or

La plus intéressante des irrégularités du lit est la marmite, nom donné pour évoquer sa forme de trou. C’est donc un creux, qui agrège au fil du temps l’ensemble des particules lourdes passées par là. Les particules lourdes que sont l’or et d’autres matériaux chutent littéralement à l’intérieur en passant au-dessus.

Chercher de l’or dans les failles

On trouve également des failles ayant le même effet que les marmites mais à une échelle plus petite. Il s’agit simplement de « fissures » dans le sol formant ainsi des pièges à paillettes d’or.

Chercher de l’or dans les différents niveaux du lit :

Lorsque le lit de la rivière s’abaisse soudainement avant de remonter, on constate un fort ralentissement du courant sur une petite partie infime du sol. Ici se logent une quantité des galets passés par là : ils retiennent à leur tour les particules d’or.

PRIVILÉGIER CERTAINES PÉRIODES POUR PRATIQUER L’ORPAILLAGE

Certains moments de l’année sont effectivement plus propices à la pratique de l’orpaillage. L’été reste la période phare, pour deux raisons. La première est évidemment l’aspect pratique : il est plus commode de prospecter une rivière en été qu’une eau glacée en hiver ! Enfin, si la saison des pluies et les crues déplacent l’or en hiver, les cours d’eau sont généralement en décrue l’été et c’est à ce moment là que l’on a le plus de chance de trouver des dépôts autour des obstacles naturels.

Enfin, petite astuce de sioux : un bon moyen de repérer où peuvent se situer des dépôts encore inexploités est d’imaginer où et comment se déplacent les particules d’or lors des conditions de crues ! Moins nombreux sont les orpailleurs à se tourner vers ces dépôts : vous aurez ainsi plus de chances de faire de belles découvertes !

SOMMAIRE DE CE DOSSIER SPÉCIAL ORPAILLAGE

1. ORPAILLAGE : OÙ CHERCHER DE L’OR ?
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